Embrasement

*





"Si la pratique de l'alchimie revient à philosopher avec le feu,l'expérience poétique mène à ressentir,parler et vivre par le feu" Jean-Luc Maxence





*

29.3.14

Bon grain

*

 Patience







A l'envers des ténèbres et jadis
Sous l'aile cendrée de l'ange
Nos yeux de feu reverdissent
Le sang versé par insouciance.










*


 Corde sensible










A l'orient des siècles pensives nos cavalcades
Ont effeuillé le temps.




"O la peine des gitans
Peine toujours seule et saine
O la peine aux voies secrètes
Et aux aurores anciennes"
                             Garcia Lorca









*
 Transparence









S'il faut à la douceur des eaux
Patiner le silence et feindre l'ivresse
Nous saurons couler notre bateau
Au plein feu de votre détresse.











*
 Vigie






Mais la mort ne peut
Décimer les enfants de la rime
Le peu que j'en illumine
Sera remis de ma peine

Je ne peux qu'unir
Ma fusion au futur.







*

 Poète inconnu




Quand tout est traversé alors
Nous revenons à l'endroit
Des larmes versées et n'avons
Pour avancer que notre coeur bercé
D'intelligence douce



C'est le bienheureux silence où repose
Notre corps blessé.








*
 Année d'escalade








Par les portes secrètes nous filons
Du maquis des marges aux avenues d'allusion
Nous ne fûmes qu'une épopée
Un chariot d'alluvions pour époque dissipée


A tous les évadés de l'assommoir
Nos voeux de simple joie d'être
Du poivre des jours au sel de la nuit
Si nous courrons toujours c'est en l'air


Sommes-nous bêtes à pleurer ou
Les premiers à chanter doux
Nous tenons patiemment tête
Aux confusions temporelles

C'est un chant de droiture.









*
?







Au silence des voix tues
Savons nous lire en douleur
La fleur innommée.






*

 Flamenco arabe






A l'heure des bougies
Quand les mots veulent
Lire nos vies
Nous écrivons seul
Les harmonies:

C'est la musique de l'esprit.








*
 Métaphysique




Mille et une nuits auront-t-elles
Suffit à dorer nos coeurs
L'esprit de la larme à l'oeil
Nous traversons le malheur


A l'ocre de la langue
Déjà chante la flûte
Nous savons prendre
L'angle de fuite:



Ce n'est pas nous qui souffrons
Mais la misère du monde.










*
 Cavalcade






C'est à la coulée des jours la douce
Nous semons les étoiles
O par les chemins de rescousse
La roue s'emballe:



L'amour nous va à ravir.







*
 Victoire






Et dans ces temps accélérés j'ai dansé tant
Je ne saurai encore écrire cent sept ans

Les poussières de caravane dans mes poumons
Chantent le désert



Mon fusil chargé d'étoiles
Pétarade dans la nuit des hommes:

Nous sommes les bons derniers.










*
Union




A l'ordre intime du jour sommes
Nous les fabuleux
Dans la coulée bleue de la flamme

Notre sourire ne peut
Qu'unir les âmes.









*
Gnose




Longtemps après la peine des jours
La voix nous vient de là-haut


Nous savons l'essence des mots
Et la joie du retour.







*
 Rose




Par les sables et coeur
J'ai rendu l'âme
A la soeur du désert.













*
Fidèle d'amour









L'homme automnal en
Sa mémoire de toute fin
Aura bon an mal an
Semé sa poudre de perlinpinpin


Pour la mort traversée
A son corps défendant
La larme non versée
Qu'il essuiera cependant



O bergère o cavalier sans dire
Et jusqu'au vent fripon
Quand viendrez vous arrondir
Notre trait d'union.







*
 Pour l'éternité




Notre vie écrite face
A la pâleur de la trace

Nos éclats se lisent à voix basse



Je ne sais quand tout à l'heure
Ma belle enfant des neiges
Une lueur aura suffit
A marier le monde.










*
 Poètes?




."..Sans compagnon, cette fiévreuse attente...Ah! que dire encore? Que faire?
Je ne sais plus,- et pourquoi, dans ce temps d'ombre misérable, des poètes?

Mais ils sont,nous dis-tu, pareils aux saints prêtres du dieu des vignes
Voguant de terre en terre au long de la nuit sainte..."

Hölderlin









*
Prière gitane






Au feu couvert de la nuit
Qui pourra qui pourrai nuire
Au secret de nos accords.











*
Joie pleine




A vivre rien ne sert et courir
Sans coup férir faire le mort
Se taire et danser le long poème
De nos âmes toujours étonnées


Est-ce Allah qui nous mène
Ou le bout de l'allée.







*
Instant propice







Calme ancré dans la roue zodiacale
Nous culminons en silence jusqu'à la
Bascule de solstice:



Liquide la pensée est séminale.













*
 ...




Je ne sais écrire
Qu'amour et colère
A quoi me serviraient
Vos camouflages de guerre:



Je ne connais guère

Que gens du coeur.








*
...




Les filets de la toile encore traversés
Ce sont versets d'amour que je déroule au nez
Et à la barbe des foules nous versons
Le temps dans l'éternité.











*

Royauté




En ces temps d'intérim
Le voyageur ultime
Aura-t-il l'obligeance
De nous délivrer des rimes



L'âme alors s'avance
Au mystère de la beauté
Son bel esprit danse
La rose en majesté.







*
 Mektoub




En nage la beauté
Ouvre le jardin des délices


A l'heure nul ne sait
Les secrets s'accomplissent.







*
Tapis volant




A tant passer
Les jours se fondent
Au blanchiment de l'espace:


Nos années sont lumière.







*
 Amour




"De mon coeur jaillit une flamme
Source intarissable de feu
De mes paupières débordent les larmes
Comme une averse"
                         Omar ibn Farid



Grave l' insouciance du vent
Nous traverse
Sur les hauteurs de l'instant
L'amour verse
Le vin du printemps:



Or et lune s'enlacent.










*

4.12.12

Odeur de sainteté


*




Image de Dieu
Homme de passage
Combattant sage
Et tenant lieu
                     



A gorge rouge
Dans le précipice de l'instant
Trancher la brume:



C'est alors humer
Les épices du jardin.







*

19.11.12

Passage


*



Au nadir blanchi
Reverdir sa barbe
Et ouvrir la mer.





*

16.11.12

Pilier de résistance

*




Nous restons aujourd'hui
Et sur notre faim
Ce pauvre et noble gazaoui
Du temps de la fin.







* 

12.11.12

Dôme du Rocher


*





A l'envers de la banale horreur
Qui vous fascine

Les chevaliers de l'aurore cavalent
Vers la Palestine



Pour que la joie demeure
Il faut qu'elle cesse

"Je, en moi - ne meure-
Nous sommes, l'Être."






*

9.11.12

En l'âge de la discorde


*






Accidentellement bon
Et partant mauvais
Trop gros ce monde
Ne peut être vrai


Si la voie par le meilleur
Passe par le pire
Alors toute grandeur est
Dans le départ qui oblige:



La terre du soleil apparaît cachée.
















*

7.11.12

Sagesse du désert


*






Ni plus lent
Ni rapide
Ne passant plus
Limpide
Le temps est:

"L'éternité est le sultan de tout les Noms."
                                                                     Ibn Arabi






"Les vrais traditions ne progressent pas
Puisqu'elles représentent le point le plus avancé de toute vérité.
Et l'unique progrès réalisable
Consiste à conserver la force et la forme de ces traditions."
Antonin Artaud








Que le musulman soit ainsi que le prophète Mohammed fut
Que le chrétien soit ainsi que le prophète Jésus fut
Que le juif soit ainsi que le prophète Moïse fut


Et Abraham redevient Adam.












*

5.11.12

Ciel intime


*



Jamais les désenchanteurs
Ne sauront tuer l'esprit
Nous traversons haut le coeur
Les vapeurs du répit:



Nous ne sommes pas d'ici-


Mais noble voyageur
Ruisselant d'eau bénie.







*

31.10.12

Aux veilleurs


*





Que nous importe- Qu'ils dansent
Le pas de Dajjal
Dans l'océan bourbeux d'en bas





-C'est l'accidentel occident qui vous désoriente





A l'heure empourprée
Providentiel le silence nous lie.






*

26.10.12

Vincit omnia Véritas

*



Au petit feu où vous mourrez
La toute clarté ne peut luire

Quand tomberons les bombes de bonté 
Saurez vous courir et pleurer -


O mon frère orphelin calme
Le destin qui nous croisa fut soufré:




Qui ne veut noircir ne blanchira pas.









13.9.12

Intimité divine


*




Par la brèche
Sans encombre
Sort du nombre
Qui empêche


Sans qu'ils le sachent
Vis et danse
A l'évidence
Où Dieu se cache.






*

18.8.12

Etranger


*






Dans les faux plis du massacre
Traverser les ténèbres

A l'angle mort du spectacle
Le silence fait naître,




Et loin dans le coeur
Le miracle de l'aube nous inonde.










*

11.8.12

Aurora


*








Par les mornes plaines
Du blablabla
Qu'à cela ne tienne
Nous voilà là
Où Allah nous traîne



Bien plus que la peine
Dans tes yeux vois
La larme trop pleine
D'où s'élance la joie,





                                    Dès lors et toujours
                                    Dans nos veines d'aube fine
                                    Un sang bleu coule l'or du jour.











*

4.8.12

Maître du Temps


*





Au delà des fausses lumières
Sur les hauteurs du couchant
Marier ciel et terre au chant
Des cavaliers de l'Heure.






*

31.7.12

Voie de la main gauche

*






Quitte à perdre l'âme dans les remous du chant
Nous quittâmes les cîmes ombrageuses du couchant


Et loin du méchant vacarme des basses passions
Vois où l'horizon se dépenaille et outrepasse


Nous transmutons le vil poison en or blanc.





28.7.12

Au coeur étouffant

*





Tout à leurs fêtes lasses
Les jours du monde coulent
Un sang de mauvaise encre




Bienheureux dans l'impasse
Nous de l'impassible levant
Glissons des mots de passe
Aux pâles enfants du couchant.






Camp du silence


*



Déjà nous mîmes un pied
Dans l'éclat
La beauté nous vit inquiet
D'être là

Nous prîmes le vent du soir

La verdeur aquatique de notre rime
Nous poussent à voir
Au delà de la fusion ultime,


Hennit un parfum d'oasis.




*

21.7.12

Cavale verte

*




L'oreille tendue
Au galop de la nuit

Entends tu le ciel
Lisser ta mélodie

Rien n'arrête le miel
Quand il coule en pluie

Un pied dans l'éternel
Nous frôlons le paradis.







6.6.12

Les fils de la vallée


*



Hors de l'Histoire
Les cavaliers de l'invisible
Espacent le Temps

Nous perdons mémoire
Afin d'étendre l'indicible
Au fil de l'instant.




*

31.5.12

Ascension


*



Entre les mots
Parmi les derniers
Rester clos

Et passer.






*

27.5.12

Cavale de la nuit


*




Pour peu que l'or se mêle
A l'aile du galop alors,


En ce monde rester
L'évadé essentiel:

Sans cesse cavaler
Dans les vallées du ciel.




*

25.5.12

Voyageur nocturne


*



Quand dissolue la foule
Se livre à l'oubli

Nue la lumière coule
Dans la nuit du Livre:

Dieu se lit.





*

24.5.12

Les autres

*







Les apotres des temps derniers
Chevaliers pauvres
Et compagnons dépenaillés
Sont des nôtres.







*

10.5.12

A Dieu


*





Noble étranger sur cette terre
Nous n'avons que faire et partant
La nuit nous offre lumière
Et traversée claire du temps:

Nous rentrons.





*

8.5.12

Pauvreté

*






Sous les précipitations du temps
Intemporel à travers les gouttes
Passer au silence et s'embraser

Le peu qu'il nous en coûte
Doit être abandonné.



"A ceux-là qu'a tués le poignard de la foi
De l'invisible vient sans cesse une vie neuve"
                                                  Amir Hasan






*

29.4.12

Or

*




Dès lors
Bouche bée d'évidence 
Faire le mort
Dans l'oeuf du silence
Ne pas éclore.





*

26.4.12

Règne de l'esprit

*




Au bord du gouffre
Sans plus danser
Ils votent pour
Celui qui va les pousser.

A l'esseulé qui souffre
De s'avancer
Nous prions pour
Lui voir les ailes pousser.





 *

11.4.12

Fontaine de vie

*




Enfile le manteau vert et passe
La mesure du temps
C'est l'impasse de l'amour ouvert
Aux quatre vents.





*

10.4.12

Pôle

*




A mot raccourci dans la toile
Inlassablement déchirer le voile
Et toujours aimer

Au coeur du choc se réunir
Et naître.


(... s'en tenir au zéro du repartir)



*

3.4.12

Poussée métaphysique

*



Quand bien même allumés
Par les chemins blêmes
Au coeur ardent du poème
Nous brûlons les vieilles lunes

Insensible à l'enfumage
Nous traversons le film
Pour entrer dans l'oeil
Du fabricant d'image


( en cette situation, mon ami, il faut changer de bord )

Et par un mystère sans nom
Nous retrouvons le nord.




*

31.3.12

Arcane IX

*





A l'heure sans papiers
Où Dieu nous interpelle

Quoiqu'il arrive et tout
De bout en bout nous tenons
Haut la chandelle.





*

26.3.12

Poète à jamais

*



Dans la lumière
Laisser fondre les années
Et voir clair
Par les yeux de la beauté



Reprendre cavale et léger
Dans l'azur des arpèges filer
Son destin d'éclaireur.




*

23.3.12

Cavalier de l'esprit

*




A l'obscène du spectacle
L'idiot joue les utilités
Le metteur en scène râcle
Les fonds de procédés


Tout faux drapeau déchiré
Nous cavalons droit
Au coeur de la vérité.





*

19.3.12

Serment de Cordoue

*




Au coeur fendu de l'homme
A battre encore
Nous faisons comme

Cavalier blanc
De miséricorde nocturne
La flamme taciturne
Illumine d'autant:

C'est l'andalousie céleste qui descend.





*

17.3.12

Mauvais démos

*






Toute à sa fausse espérance
L'esclave vote

Evasif le prisonnier danse
Vers la sortie


Nous disparaissons dans la foule.




*

15.3.12

Sous l'empire

*




Par un tranquille contre temps
Revenir au lieu de l'exil
Et dévisager l'occident:

Nos guenilles sont grecques

Descendre les fleuves impassibles
Et financiers
Jusqu'aux lueurs impossibles
De l'autre côté

Nos habits de lumière sont perses.





*

14.3.12

Fin de propos

*



Au royaume des bouches bées
La parole est armée de silence

Bientôt vos becs cloués
Déjà s'inclinent devant l'évidence.




*

6.3.12

Souffle gitan

*




Un pas de plus
Dans le jardin de Dieu
Et l'ange nous pousse
A faire le mieux:

Sous les milles feux de la guerre
Nous tenons lieu.





*

27.2.12

Bonne nouvelle

*




Encore écrire c'est se battre
Ni à cor ni à cri

Traverser ce bas monde
En prophétisant son au delà.





*

23.2.12

"Aime le peuple, évite la foule" F.liszt

*




Quitte à se perdre
Dans la lumière du livre
Nous brouillons la piste
De nos pas sur terre

Au bout de toi la mort
T'apprend à n'être plus là
Y penseras tu encore
Dans les jardins de l'au delà.





"Tant que tu n'auras pas saisi ce "meurs et deviens"
Tu ne seras qu'un obscur voyageur
Sur cette terre ténébreuse"
Goethe









*

17.2.12

Avec l'oeil du coeur

*



Collisions troubles et mondes vacillants
Vos certitudes s'affolent

Camisoles d'illusion et faux fuyants
Se craquellent

Nous poète lisons les signes
Du grand avènement.



*

13.2.12

Debout

*



La pluie de coups
A lavé notre or:

Nous marchons au coeur.




*

6.2.12

A l'orient du spectacle

*




Cent cinquante ans
Et une lueur d'éternité
Que je m'exténue à vous extasier

C'est la grâce contenue des artificiers de l'apocalypse

Quand nous ne parlons plus
Le Verbe nous traverse déjà


Aveugle il faut plonger dans la lumière
Et fondre la chape

O gens de peu de foi
L'attraction vous fracasse



Et nous gens de peu
Allons pieds nus sur les flots.





*

27.1.12

Il n'est plus temps

*




Ici rien ne se grave
Et tout se dilue
Jusqu'à la transmutation finale
Nous demeurons tus
Au plus clos de Dieu.




*

25.1.12

Intime attentat

*




Au silence clos bardé d'étoiles
Ne pas se dévoiler et détalent
Les secrètes nuisances

L'illusion se dilate


Au coeur nu de la nuit
Trouver les mots
pour ne pas dire et

La vérité éclate.





*

18.1.12

Costa Concordia

*



Au mauvais grè
Des hallucinations financières
Les faux Noé
Qui vous mènent en croisière
N'aborderont jamais
Au pied souple de l'entre deux mers



Dans les eaux basses de l'empire
L'écorchure est signe



A tant jeter l'ancre
Sur l'instant de vérité
Au fil du temps échoué
Nous mouillons dans l'éternité.





*

13.1.12

Invisible

*




Se fondre au galop
Et seul
Jouer la musique des mots

C'est faire pleurer l'amour


Habiter la complainte des jours
Et vivant
Laisser croire la mort

Nous brillons de l'intérieur.




*

5.1.12

Affection divine

*



Quitter ce train d'enfer
Et sortir du temps
A ne plus supporter l'énorme poids du rien
Et traverser l'écran


Malgré la force des choses
L'autre l'étrange et le dangereux
Verront l'eau de la grâce
Inonder les cieux du coeur

A l'hospice de l'invisible
Comme une seule âme
"Ce ne sont pas les cendres qui faut transmettre
Mais la flamme"




*

13.12.11

A l'ange

*



De la peau morte des années
A la rouille des jours je ne sais
Quelles ailes nous poussent

Plus invisible que léger
Nous roulons dans le silence laissé.



*

27.11.11

Noces de pleine lune

*







Derrière le cri des âmes noires
Suspendu le fin mot se lit:

Toute nuit couve un désir d'astre.




*

25.11.11

Galopin

*




Mais les diviseurs ne sauront
Troubler notre galop ailé

Nous les vauriens dévalons
Dans le jardin oublié.






*

24.11.11

Règne de la quantité et signes des temps

*




Tangentiel et dissolu
Ce monde est précipice
Aux êtres de pas


Nous ne participons pas au feu d'artifice


De la catastrophe ou de son spectacle
Nous n'avons d'autre choix que
Traverser l'écran.



"... la fin d'un monde n'est jamais et ne peut jamais être que la fin d'une illusion." René Guénon










*

23.11.11

Esbroufe

*



Comment ne pas aspirer
A changer d'air
Tant vos paroles nous étouffent

C'est autrement séparer
La lumière
De la ténèbre des oufs.





*

22.11.11

Eschatologie

*




Ce monde sans marge
Nous accule à l'altitude
Sans plus survoler le débat
Nous plongeons au coeur.




*

18.11.11

Lumière de combat

*




Dans les fissures du temps
Nous filons d'un pas sûr
Jusqu'à l'or

Sommes gens sans intérêts
Hermétiques à l'usure
Nous fumons l'étrange calumet
Des gardiens de l'azur

Seul le courage sans failles de l'enfant
Nous délivre d'un sourire.





*

16.10.11

Rappel abrahamique

*





De la marge au coeur
La solitude est une arme

Du néant à l'être
La lucidité est une lame



Et vertical,

Va dire aux chrétiens
Qu'ils sont d'orient
Va dire aux musulmans
Qu'ils sont christiques.





*

15.10.11

Automne Deux mille onze

*




La fraîcheur de la nuit
Ne peut étreindre
La lumière qui nous lie

La mort à jamais obscure
Ne saurait contraindre
l'élan de joie pure

déchirer l'image qui vous happe
Et survoler la déroute
La faille par où l'esprit s'échappe
Est sans doute

Enfant terne d'occident
Il faut quitter la mesure
Et fils de l'instant
Filer droit dans l'azur


A l'heure du dernier avertissement
Nous dansons dans l'imaginal.




*

Brève néo-orientale

*




C'est à l'orient que la lumière se lève
Que pourrons alors vos nuits sans rêve
Quand précipité un grand tour s'achève

Dans l'humus déjà nous humons la sève.




*

Bassin méditérranéen

*




Pour peu que la joie nous enlace
Par les portes basses
Le temps nous presse
A l'entre deux

Nous vivons en beauté.



*

13.9.11

Gavalies de la noilles

*



Par tous les chemins creux cavalier de la nuit
Je reviens même poser des fleurs sur l'incendie

Cheval blême de blanche farce vas t'en
Couler ta bave dans le bourbier des nantis

Pour condescendre à mûrir
Il fallut traverser l'enfer vrai.




*

28.8.11

Place verte

*




Dans la douceur lointaine de l'écran on n'entend
Les financiers extrêmes qui vous mènent mènent
De Titanic en bateau de néant

Feu du ciel O pluie d'occident promise
Dans vos veines comme un sang maudit
L'or noir coule à nouveau fluide




Dans ce chaos Dieu intime l'ordre.





*

26.8.11

Le voyageur nocturne

*




Sans point d'appui passe
Les murailles du temps compté
De l'autre coté de l'impasse
Perce

"La fracassante...
Qu'est-ce que la fracassante ?
Qu'est qui peut te faire comprendre ce qu'est la fracassante ?..." (CI/1-3).






*

21.8.11

Nuit du destin


*




Dans la nuit du monde si le ciel s'ouvre
C'est pour inonder le coeur des patients
La lumière nous découvre O compagnons
Parmi les sincères et les savants
Nous prions.





*

6.8.11

Subhana Allâh

*





Vox clamantis in déserto et joie
Dans ton coeur la corde du doute se brise

Au néant du monde frisé écoute
C'est Dieu qui vocalise.







*

2.8.11

A jeûn

*





Les ténèbres traversées il fallut
Parmi les chairs à consommation se disperser
Rouler dans le talus et schploc
Dérouter les stratégies du choc

Dans la langueur blanche de ramadan
Un autre occident jeûne.






*

23.5.11

Al-Nakba

*



A l'envers de l'exil Palestine
Par le chemin d'épine je reviens
A ma dignité d'opprimé.




*

Sakina

*





Quand bien nous partons même
Où la fission du monde nous mène
Dans l'au delà bleu des jours blêmes
Nous dansons mieux.




*

25.4.11

Oumma

*






Comme nous sommes venus
Etrangers nobles en ce monde
Nous passons sans déconvenues

Rien ne nous arrête
Que le silence bas
Des coeurs tendus.





*

24.3.11

Ni aube ni odyssée

*


nuit je reviens au coeur et prie

Vas dire aux vainqueurs d'aujourd'hui
Vous êtes et le savez maudits

Mauvais faiseurs et assassins
Le spectacle tire à sa fin.




*

16.3.11

Fissure temporelle

*




En phase de dislocation géopolitique mondiale
Seule guérit la blessure la lance qui la fit:

La hache à la main
Quitter la taverne des ruines
Et reprendre le chemin du chemin


"Mais c'est fini, j'en sors et je lutte, terrible
        Et joyeux comme un évadé...
Prêtres, vous n'avez pu m'engloutir dans vos songes
Dieu ne m'a pas laissé noyé par vos mensonges,
J'avance , et je fais signe aux matelots;
Je rapporte des mers les perles qu'on y trouve,
Je vis! L'évasion du naufrage se prouve,
        Par la tête au dessus des flots."
        Victor Hugo


La clandestinité
De notre joie est fête
Au pays décapité
Nous caracolons en tête

Calme ancré dans le chaos
Laisser sa peau et digne
S'avancer.


"La vérité ne se dévoile
Qu'à celui qui efface
Sa propre trace
Et perd jusqu'à son nom"
Ibn Arabi






*

13.3.11

Dès lors nous oeuvrons en douce

*


"Le fait de voir Dieu par l'oeil de la foi et de la certitude
Nous a libéré de tout recours à la pensée discursive"
Abû I-Hasan al-shadhili


Demain sans parler nous passons
La mesure du discours

La flagrance de notre inutilité publique
Fait pitiè. O ma vanité cavalière
Nous chevauchons d'étranges cités
Sans plus pleurer les illusions chères

Dieu seul console


Brumeuse l'île fut charmante tentation
Et jusqu'au baiser salvateur de la mort
Nous fumâmes l'huile du vieux
" Nos tentatives seront jugés à l'aune de nos intentions"

Nous vinmes au soleil par la nuit de Dieu


La prétention juvénile d'être poète oblige
Aux vols planés de la ramasse
J'en garde quelques vertiges de beauté
Et l'insondable ivresse des monte-en-l'air

"Il faut longtemps avant que le sang ne devienne lait"
Rumi


La nuit lourde d'assaillants
Peut dénuder notre prière:

Inlassable la rose nous rime

"Ceux qui ont soif d'eau
L'eau a aussi soif d'eux"
Chah 'Abdul Latif




*

10.3.11

Allah akbar

*




Sur les grands chevaux de la conscience
Nous suffoquons l'entrave
Et bientôt rien plus ne brouillera
Notre chant d'extase:

La joie qui trop nous embrase
Déferle déjà.




*

9.3.11

Transparence

*




En dernière apparence
Voir couler la litanie des menteurs
Et dans l'évidence des hauteurs
Danser:

Afin que le temps s'ouvre
Laisser perler sueurs et silence.





*

25.2.11

Derrière les images

*





L'humeur glacée des sans foi
Peut étendre ses ailes chauves
Nous savons éclairer les trous noirs

L'obscure larme ne saurait suffire
A noyer l'horreur
Là où le drame expire
Ne pleurez pas et souffrez

...Pour revenir et de loin
A la tombée des châtaignes
Te murmurer le foin
Des récoltes anciennes

La nuit lourde d'assaillants
Dénude notre prière
O matin le vent cendré couvre
Nos allusions de cédrière

Europe la croix fermée de tes bras fait peine
Prend garde qu'elle ne t'étouffe

Par la cour des miracles où
Flamboyants les gueux s'émeuvent
La colère qui s'évapore tient
Notre parole toujours neuve

Là où Dieu prend racine

Au bon dos de la douleur
Aux deux mots du silence
Au repos des aguets
Aux dernières extrémités du sang:

C'est au delà et sûr
L'impasse des réfractaires est ascentionnelle

De nos résistances passées à la génèse des foules
La beauté qui nous mène est explosive
Il faut s'aveugler au delà des louanges
Suspensive la question de l'ange nous pose.




*

23.2.11

Le sang des martyrs bat dans notre veine jugulaire

*



Dans une puanteur de cloaque
En choeur et encore
Tout à ses pesanteurs
La parodie du monde craque

A la lueur de l'effort écrire
C'est prier et se battre.




*

18.2.11

Belle mort

*



A la suée des jours
Tout sablé déjà
Je perle

La joie telle
Qui nous tient lieu
Fait  mal.



*

12.2.11

Chant du maghreb

*






Par coeur à prendre
Au sérieux de la serre
Prend ton effet par les griffes
Et saigne

S'il faut laver ton âme
Dans le sillon pourpre
Des cités mal famées
Traîne

Et plonge
Ta lame au coeur
Du crime qu'éclate
Le scandale cosmique

Pour en finir avec leurs dernières volontés...

...

Toute honte bue, la bouche bouclée
Fait monter la nausée
Jusqu'au cri !

O fouette cocher !
Que caracolle la caravane
Par les sentiers de justesse

...

Va puiser tes pépites
Au coeur épuisé
De ta plus belle éclipse
Et brille.

...

Je vous télèpathe mes amitiés.

...

Puique là-bas est ici
Ne pas s'égarer
Dans l'artifice des paradis

je cours les circuits

...

Dans l'ivresse de la souffrance
Par delà les coups
Plonge ta fusion
Dans l'originel

O trace un sentier d'éclairs et d'échos

...
.
Poète vacant planté
Au coeur du drame
Je dessine des révolutions
Aux astres déviants

Parmi les ruines et le rien
Au vau l'eau du moulin
Je trace
La verticale du chemin

Où que j'aille
Un désert de paille où brûler
Le féminin d'une larme où briller

Quelques mots de lune pour tout éclairer

...

La peur se fracasse
Au silence plein
De celui qui vient
Et le peuple passe

...

Dans ces odeurs de soufre
Je cuis nos lourdeurs
Et tout évaporé m'en viens
Reverdir les couleurs

...

Tandis que l'autre s'égare
Dans le labyrinthe
S'éreinte à crier gare
A ses frères

Puis s'en vas
Portant leurs plaintes
A la bougie jamais éteinte
De celui qui viens

...


L'éclaireur fou
Le sage dansant
Le voltigeur en arrêt
Le fennec annonciateur

Souviens-toi bien:
Celui que tu fus avant d'être
Soit le !

Epouse ton éternité
Pénètre-la !
Et lance au ciel ta joie lactée

...

S'il faut sous le soleil vif
Brûler sa chair
Et son ardeur alors
Nous grillerons ici

Si les cigales crépitent
Ma voix constellée
Attend sous les cendres
A mots ailés

C'est fini nini

Au coeur de Cordoue
Quand bien mort même
Le gitan joue
Un flamenco de parousie

...

Dieu dans l'abri tous o aime
Mais prie
Sa venue sans fin même si
Le ciel se voûte

Crie et écoute
Dans la plainte de l'envers
Le pas de celui qui viens

...

Comme est loin tout
Allégé d'aujourd'hui
Nous basculons

...

Le coeur joli battre
La mesure de vos vies
Dans l'oubliette des cieux
Poser une issue

Et friler encore
Dans son manteau d'exil
Si proche qu'évanoui
Pas plus d'ailleurs qu'ici

Mais suspendu à l'Eternel.





*

8.2.11

Tour stellaire

*


Les langueurs du séjour ne peuvent
Effacer l'exil

Dans les bras sans rive de l'amour
Nous perdons pied


En dernier ressort voir s'ouvrir la mer
Et avancer.



*

6.2.11

Aveugle ébloui

*




Et marcher tant
Jusqu'à l'essence du chemin
A l'horizon évanoui
Se perdre dans
La reconnaissance de Dieu.








*

4.2.11

Por Amor

*






Là où nous en sommes
Au coeur serré de l'homme
Invisible et verdoyant

S'effondrent les tours
Et s'écoulent les flux
Nous abordons le jour
A illusions perdues

Il s'agit mon amour
D'être à l'Heure.






*

25.1.11

Renaissance

*







Rien ne presse et tout nous pousse
Au point crucial où s'écartèle la rose
Les gouttes d'amour éclaboussent
La douleur de nos métamorphoses.




*

19.1.11

Nouvelles du front

*










Car enfin la solitude perce
Le mystère des foules
A l'heure où tout se renverse
Le reste en découle:

Dans le mur des illusions nous allons droit
Où le combat nous traîne.






*

16.1.11

Le basilic du brave

*




Mille et une nuits à cavaler
Sur la cambrure des monts
C'est pour mieux dévaler
Dans la moiteur du havre.




*

Voyageur clandestin

*



Les armes posées
Dans la rondeur des nuits
J'écris la saveur d'être

Veilleur d'orient
Je ne suis peut être
Qu'un ami de Dieu



*

Rose ouverte

*




A languir
sous les étoiles du temps
J'ai pris terre
Dans ton jardin:

Souverain je liquéfie le feu du ciel.




*

Au feu du miroir

*




Dans la nuit des gitans je n'ai
Rien qu'un coeur sanglant à jeter

Si mon soleil bat
La mesure des contre-temps

Je pleure nos éclats de vent

Ainsi vas mon chant
Au bras cavalier de la douleur

Eternel amant je demeure.




*

Coule toujours

*




Dans tes rues seul
Je déambule
Dieu sait où ruisselle
Ma tourneboule

Et fou l'amour qui nous interpelle
Court nu dans la foule.




*

A tous les perdus d'avance

*



Mots et silence mêlent
Dans la même danse
Mon regret et son élègance

Cloué à mon destin de poète
Je pointe à l'impossible de la souffrance

La nuit noire appelle l'étoile.




*

Camp des étoiles

*







Relève ton col et presse le pas gitan
Nous repartons pour la nuit des temps

Fleuris ton enfant ma soeur nous marchons
L'allure fière dans les terreurs de l'homme

Allume ton corps et clandestin ose
Passer la frontière de l'esprit

Nous ne sommes pas de ce monde
Et réciproquement.


A l'intérieur de l'espace
Mon frère d'outre temps
Nous gardons le feu

De la forêt d'occident
A la blancheur de l'oasis
Nous traversons la scène
De la grande parodie:

Nous faisons signe.




*

Dans ton ventre un soleil

 *


A la croisée de notre chemin
Quand la peine ruisselle
Je m'enfonce dans ta broussaille

Et passant j'ouvre l'horizon brûlé.



*

Identité

*



Des jours d'exil à marner
Au pays des morts
J'ai ancré ma croix au coeur

A la lumière des nuits
Tout auréolé d'or
Je cavale dans les saveurs

Je meurs et marche dans les pas du verdoyant.




*

Dernière chemise

*




Contagieux évasif sommes coi
Tombé limpide dans le bain marie

Des joies promises

Si parfois liquide l'or coule
Sur le visage clos de la nuit

L'amour nous baptise.




*

Pertes et fracas

*



Derrière l'impasse des mots
Un soleil en arme
Convalescent

Nos guérissures en pélerinage
L'amour sue
Dans la ville basse

...


Je luis toujours
Dans la fièvre rouge
A lustrer
Ton astre lunatique

...


Nouvelle tentative
L'étoile au coeur
Raccourci
D'occident caréné
Frilosité des rues
Derrière l'écran
Boue de paroles creuses
Portes cloitrées baroques
Idée de submersion
Asphixie

...


Prière intermédiaire:

Qu'à jamais ivre
Je sème des étoiles

Dans la béance des coeurs
J'offre à la métamorphose
Mes enfants pauvres

Que l'amour tous
Les reconnaissent

...


L'un assis
L'autre brûle les informations

(Pesanteur en scorie sur les terrasses)

Esprit ascendant
Crevaison d'écran
Eclat, tri, ivoix
Ton oeuvre cloué dans le marais du cancer
L'arène est sanglante

Quotidienneté du miracle
Aube parlée
Retour chez les cancres
(Chaleur de droit)

...


L'impatience solaire des loups
Toute laisse digérée
Le balai de la mort; ses coups
L'amour fait mal

...


Voix tues
Dans l'orphelinat grouillant
Le parloir désert

Protestations frigides tabous frôlés
Dans les bosquets malades
Le mal est fait

Alors, disparaître
Dans les couveuses d'incendie
Au chevet transi
Des frasques espagnolisantes
Je consigne les flamme

Je jette un froid

Pour se taire
Rien n'est perdu

...


Déferlantes et commentaires
Absolution?

Nourritures terrifiantes, fruits d'outre-tombe
La pulsation du cosmos au ventre
La joie des ténèbres engrossées
Vas éclater

La Tradition se mange
Les ancêtre s'invoquent

Matrices parcourues d'incendiaires
Les filles pubères déjà rougissent

L'amour vas les inonder

Frétillements d'oisau
Vibrations de serpent
La terre s'offre
Au ciel qui veut jouir

...


Les amants non datés
Les ombres préssurisées

Les vestiges ravalent leur honte

Consommation d'actes
Désaveu

La parole à prendre
Ce foutre, sa joie lactéé

Des renards immunisés
A pas de loup
Lacèrent les murs

La danse de la vie martelée
Chant de guerre

...


Jeunesse floue, tangentielle
Places mouvantes, ce ciel

Larmes grasses et races nouvelles
Raideurs et mollesse
Laser et transparences
Malgré le crépitement des écrans
Votre oeuvre vous mangeras!

A vous offrir, plus rien
Aucune résistance
Nulles dents à votre faim

Préservez-vous!
Mangez les cadavres tout chauds sortis
Des fours à micro-onde

Buvez ce sang tari
Croissez et démultipliez, répandez-vous!
Et tirez profit

Nous, nous habitons la perte
Le fracas non perçu
Dans l'angle-mort
Des longues vues humanitaires

Malgré le froid du dos
Nous n'épiloguerons pas!

Pour ma part
Je m'en retourne faire la poussière

...


Ainsi vas
La vie viens
Vas l'entrain

...


Solitude en holocauste
Ma trace me suit
Incarnée
D'échappatoire en faille
Qui es-tu??

Se mouiller
La chemise et l'âme
Par delà le baume
Se damner si tu m'y pousses

Libération de l'esprit
Au feu de la matière grise
Ravalement des dents
Jusqu'aux perforations stomacales
Anéantissement au cri du dedans
Si c'est le prix...

...


Nous paierons de notre vie
Pour voir
Et tant pis si la chandelle ne vaut pas
Nous sommes là pour perdre
Et j'ai misé ma vie.


...


Ha! Les vies dansent
Nul n'échappe
Au plein fouet de l'amour
La vie, O lance
Ses rafales

Marche de nuit apprise
Au couvre feu
S'en remettre à la flamme
Tu me lis
Les mues sont douloureuses

Cathédrales râles et cris

...


L'Ange rêvé
Est le serpent que tu caresses
Confonds-moi

O barbares charitables, nouvelles vigueurs
Le sang de la joie
Veut couler

Frottement de pierre
Pépites étincelantes
L'amour t'appelle
Précipite-toi

...


Pensées étalées, aisance du lieu
Aigreurs et renvois
Remonte pente

Ferme les yeux:
Nos corps se fondent
La chair brûle
L'amour nous consomme

...


L'éloignement de mon prochain:
Par delà les flots d'image
Je lui dit bonsoir
Comme je l'appelle

Nous sommes quelques phares
A tenir en émoi
La lumière

Ces corps qui à peine figurent
Les Maries décharnées qui s'élancent
Leur fils de l'homme à venir

Ma vigueur dans leurs entrailles

...


Dans la ligne de fuite, l'évasion
Le fou parle à ses lumières
Nez à nez avec la nuit

Le sage se rêve

La sève se rage
Ce monde joue du pipeau
Je fais voler la poussière
Le dernier mot n'est pas dit

...


Bon gré, malgré la brise
Je brille de mon mieux
Une lueur dans tes larmes

Sous le fardeau de l'effort
Je ne rompt pas
Je plie sans démordre:
Je te prie de vivre

..


Au mois neuf
La mort est fidèle au
Rendez vous
A l'évidence
Il faut
Nourrir le feu
De sa peau

Laisser pourrir
Chair martyr en terre
Couver son oeuf

...


Nous voilà là
Sous l'étau
Liés jusqu'au cou

La douleur a bon dos
mais l'amour nous a pali

Amis
Je pense à vous
Comme à tous les saints disparus

Goutteurs de vent
Frôleurs d'eau
Souffleurs de braise

Le coeur terreux
Agglutiné au temps
Je n'en reviens pas!

...


Toute fuite prise
Ma courte échelle faite
Je répète mes tentatives
De décollage:

La gravité m'éreinte

Je m'en retourne au laboratoire
Parler avec les oiseaux

Avant que de reprendre place

Le monde gicle
Je danse sur le fil
De l'équilibre

...


Je suis de la prophétie indienne
L'esprit souffle
Dans la chevelure du temps

Ohé! le silence t'appelle
Il a deux mots à te dire

Derrière le camoufflage
Je repose
Aux aguets

Aux dernières extrémités
De la patience
Les mains me viendrons.

...


Je tangue
Dans l'apocalypse
Et le verbe

Je ne consens pas
Je dis mot

Ecoute et gratte

Si les damnés s'éteignent
EBLOUIS-LES! Rattrape
Ton destin d'étoile.

...


Soeur captive
Nous renaîtrons bientôt

L'enfant se conçoit déjà
Immaculé

Le problème
Nous sommes au coeur
Saignant.

...


L'oeuvre, son secret
Nous bâtissons dans
L'antimatière
Le soleil s'est mis en tête
De mémoire
(Viens celui qui tue)

Plonge et balayage
Demain à l'aube
Et sans fautes.

...


L'autre
C'est un aperçu
Donné en pature
Ma dépouille

Une lueur
Dans la platitude
Des cardiogrammes

Afin que tu saignes
Que transpire l'ordinateur

Le monde va pleurer
Et les ténèbres porteront le deuil

...


Tendre la main
Sur le coeur
La voix à l'oreille
La prière
A la lumière
Il faut croire
Afin qu'elle naisse

Tu vaux mieux
Que ce mourant.

...


Il ne s'agit ni plus ni moins
Que de faire un bruit
A réveiller les morts

Réveille-toi!

Tes témoins sont intriguants
Ton malheur te berne
Lache ton fiel

Et ouvre-toi!

Je suis le mat descendu du ciel
A pied d'oeuvre
Je m'attelle
Au train d'enfer
Où va le monde

...


Alors
Je ne sais quoi
Te passant par la tête
La parole te prendra

J'en suis là
Raide devant
La transverbération de Thérèse

Le renard pâle
Qui anime ta forêt
Frôle la magie enfouie
Dans l'abandon des villes
Prêche à tes poules

Derrière son voile d'illusion
Furtif
Viens dormir
Dans tes possessions nocturnes

...


Dans mon sens caché
J'apparais au commun
Des zones résidentielles

Jusqu'au coeur frileux
Du mauvais coton
Je faufile mon éclat roux
Un frisson
Sur ta chair de poule.

...


Parler
Se battre
Enfin se taire
Et traverser les foules

Il s'agit d'être incernable
Echapper au viseur
Des statistiques

Marcher dans la neige des écrans
Pas vu
Pas pris

Jésus aussi si...
Est un clandestin.

...


J'ai défendu mes droits
Et mes arrières
J'ai reconnu mes torts
Je les ai élevés

J'ai mis à bout les arguments
Tout discuté
Jusqu'à perdre pied
Et connaissance

Parfois à l'aube perlée
Le maquisard sort
De sa réserve

...


Le non chiffré
Le X de la plainte
L'oiseau volubil non identifié

Si le froid me résiste encore
Il finira par se fondre
Au foyer

Au feu de la nuit
Pour peu que ta bûche
S'y crépite
Nous brûlerons jusqu'à l'aube
Les yeux ouverts.

...


Tu me vois muet hilare
Dans le laisser mourir
Un sourire
Sur mon image

Si ton désir de chair
L'emporte il se peut
Que je consumme ma prière

Nous irons
Répétirant nos psaumes
Dans le ressac des foules

Nous sommes les fous

Les yeux brûlés
Foudroyés de lumière

...


Pour que le feu de l'enfance
Folâtre alentour
Dans la torpeur
Des millénaires mourants
J'engrosse
La virginité neuve

J'ai allumé
Cette nuit ton calumet d'amour
Je suis déjà
Celui qui viendra:
Ton amant de pure perte.

...


Le sorcier
Pétrit en vain
Dans le remord d'avant hier

A l'embouchure de la mort
Je renais
Pour fleurir ta misère

Le malheur embastillé
Dans les oubliettes
Il crache à ta perte
Et siffle au sacrifice

C'est l'inquiétude de la mort
Qui nous chasse.

...


Mon fils
Dans ces lassitudes guerrières
Au coeur implorant
La grâce de l'estocade

En dépit des imaginaires réchauffés
Malgré de deuil des dimanches
La vie
Est dans ta poursuite

Je m'en viens vais
Dans le reflet
Monnayer pitance
Et répit

Le temps de nous refaire
Une santé.

...


Tu m'appelles
Déçu
Je tremble nos retrouvailles

O je t'apporte
Des pépites

Leur tolérance
Tout seuil franchi
Leur mort, son plomb, nous accule
Aux traverse de l'outre décor

Dans la brèche des mots, FONCE!
Toute vitesse prise
De haute lutte
Jusqu'au bord du vertige
Et avant le dégoût

...


Le silence attentif
La fissure d'où
Je t'appelle c'est
Le trou noir de
Jouvance dans
Ta mémoire je suis
L'aube au bout
Du tunnel c'est...

...


L'air
J'en suis le manque
Dans tes aspirations de fuite
Au coeur battant des vulves quand
Suffoquante tu clignotes
A l'invite des seismes

Le renard rôde
Dans ton jardin anglais
Ton rêve caressé
L'éclat de son croc
Ton frisson de lune, témoin des noces
Du vieillard et de l'enfant. je suis
L'occident que tu quêtes
Dans ta chimère diurne
J'y transparais à contre-jour
Entre chien et loup
J'enlumine ta face cachée

La douleur
Ce venin de vie dans
Tes rêves altérés
Cet imaginaire marchand
Croupi de guerres lasses
A l'étalage des écrans
La misère fardée et obscène
Pour l'apaisement de ton malheur

L'amour
Ce fruit de lumière
N'oublie pas sa carne
Son jus
L'eau de feu serpente
Un outre-chagrin sur ta joie rouge
Bois
La sève du paradis

Hante la nuit battante
A la dernière lueur avant
Le dernier débit d'où je t'inspire
A ne pas mourir, laisse
Baigner ton oeuf dans mon feu
Sa flamme lèche
Ta matrice conçoit
Le fils du ciel.

...


Au nom de Pan, du père
De l'esprit feu à la prière eau
De l'inommable à l'obscène nocturne
De la coulée de sang
A la coupure du souffle
Au nom de la terre
De notre mère la guerre
Jusqu'aux noires pleureuses
Au nom de Thérèse, sa sainte extase
Le marteau de Thor et sa clique
Au nom de la juste colère, l'éruption
Du finfond de l'enfer, le tintamarre
Jusque dans la traque de l'homme
Sa pureté pâle.

...


Au nom de la Loi
Des roues et des ellipses
Des suppurations du coeur
A l'éjaculat de l'âme
Du pantin morne
Au danseur mystique
Jusqu'au trou noir
Il n'y a qu'un gouffre
Une sainte terreur

Un désir encerclé
Sa gaine de chair et d'os
La carcasse, ses réactions motrices
Son carbure de lumière
Toute tangente prise sous grave
Des menhirs

Au nom de la mathématique brumeuse
Dans le coma de l'amour:

Tu boues!

...


Alors s'il faut donner mon opinion
A cet égaré qui me pèse
Comme un soupçon
M'accule aux gesticulations verbales

S'il faut s'emberlificoter la tête
Perdre le souffle à rattraper le fil
Des quatres vérités

S'il faut régler le débit
Au tralala des mots fatigués

Alors mon opinion
Je t'en baille une par dépit
Quelques débris en pature
Pour tes ruminations démocrates:

Une marguerite et un chardon.

...


Dans cette marée milliardaire
Nous n'avons plus de prière
Une âme saoule sur un cap flottant
Qu'il s'agit de ne pas perdre

Dans ce panorama encombré
Nous n'avons plus de prière
Des yeux désarmés
Une larme au bord de l'éclatement

Pour éclairer ta perte
Nous n'avons plus de prière
Juste un peu de feu
Si tu m'en pries
Une petite lumière.

...


La catastrophe frolée tant
Ce fracas à ta tempe
Cesont tes atomes hurlants

Danseur fou
Sur ton écran de misère
Je pshite au gris dormant
Dans le chaos plat où tu gis
Ouaaa je file
Dans ta nébuleuse brouillée
Coucou
Et clic clac!

Je m'inpressionne
Dans ton spectacle.

...


Le couteau de l'ombre
A-t-il des prétentions sur mon ventre?
J'en reste à l'ignorance.

Il s'agit de... Quoi s'agit-il?
Le problème pris
A bras le corps, l'embrasser
Inspirer, expirer, se détendre
Et attendre la venue de...
Epurer en attendant.

En dernier ressort
Trancher dans le vif
Du sujet, faire le mort
Les cents pas dans le roulis
A cloche-pied
Ding- dong tralala, comme tu voudras

De faire vite, s'agir
Ses clics et ses clacs
Son mal en patience
Sa vie en main, tout prendre
Et s'asseoir

Se taire
Enfin se laisser parler
S'entendre
Et dire: ouaplala

Fouetter le sang
Sa montée jusqu'au débordement
De la vie, son inondation
Qu'il boue
Alors.

...


Je ferai des bulles
Le monde en rira
A s'en faire péter la rate
Les étoiles gloussent déjà

Il se peut pourtant
Que spectacle
Et désolation t'affligent
Il se peut

Pour peu que tu retournes
Aux néons du néant
Il se peut
Que tu pleures pour toutes
Qu'une bonne fois s'épanche les cieux
A n'en plus parler

Bandaison d'arc en ciel.

...


La promesse
Je m'y tiens

A tout prendre
Je préfère tout prendre
La clef des champs, le contre-pied
Le patati, le patatras
Le youp la boum et croyez-moi:
Vous n'y verrez que du feu!

Une légère odeur de roussi
Un doute passant
Son vol suspendu

Le grand flasch cosmique
Sur ta rétine éblouie:
Le petit oiseau vas sortir!

Avant la virtualisation générale
Souris!

Sur les aires de repos
Des autoroutes de l'imformation
Nous échangeons des silences

L'air de rien
Je t'en dirais long
De la nuit des temps
A l'aube de l'espace
Tu m'en diras tant
Que nous nous tairons

Avant que de reprendre place
Et jeu
Dans le champ des caméras

Du profond où je m'entête
J'habite
La forêt de ma tête
A hululer sous la caresse
De la licorne

Jésus ici
Même a souri.

...


L'amour ne court pas les rues
Le vent est ashmatique

Je suis le poète errant
D'une tribu
Qui se cherche

Je parle la clandestinité du langage
Dans le froid et l'endurance
J'alimente le feu
Je transcris ta légende

Je suis la mémoire
Qui te retrouve
Quand le chaos s'éclaire
Tu marches dans la trace

Porte-toi
Jusqu'à ma connaissance.

...


Les mourants électriques
Le bruit de la chute
Son accélération

L'irrémédiable oubli
Son écho tactil

Il faut s'attacher au ciel, mon ami
Et s'asteindre à naitre

Si le décor se flagelle et suinte
C'est un ventre qui oeuvre
A ton expulsion:
Pousse-toi!

...


Bouche bée face
A la multitude
Que dire aux hordes?

Déborder jusqu'à l'être
Se perde enfin renaître
Sur les cimes
Dans l'ardeur de la joie
Fondre
Sur la proie.

L'air du temps
Son fond est froid

Sacre du printemps

...


Humble et fier

Te scruter jusqu'
A la transparence
Aimer c'est mourir
Aspiré

Le bruit de fond
Du monde arrive
A saturation. Sans commentaires,
Quelques coulées apprises

Tout est à redire
Ce monde implore
Une bonne correction:
Corrigeons! Corrigeons!

Sans la musique il reste
Une erreur.

L'homme à venir
Est sûr
Nous le comptons bien!

...


L'écran a brouillé la vue
Le monde n'est pas
Visible pour le moment.

Et tu presses le pas!
Les gras en chair s'apesantissent
A t'alourdir
Arraches-toi!

Prends des couleurs
Respires une bonne fois
Et DANSE!

Je suis le témoin
D'un autre occident.

...


La mort, sa cohorte
D'adorateurs cernés

Quelques éclaireurs...

Tout aube flairée
Des guerriers aiguisés
Tranchent
La brume

...


Les cavaliers de lumière
Déjà
Derrière la fumée
De ma prière

Le ciel ne peut que rougir
Soit ce mirage dansant
Tu brûles!

Dans la paix
De l'éternel feu
Crépite ton or

Et coules-moi!

...


Ton coeur: un muscle
Sa crampe: un éveil
L'amour démasqué

Les armes déposées
Vainqueur vaincu
Pleures alors
A chaudes larmes.

...


Hem Ham
Mère et fils
Père et donne
Damne et prie
Prends
Rage ton cou
A deux mains
Lance et lie
L'évidence à
La vie
DANSE
Dans le soufre
Ouaje
Ta joie

Tout se tient
Toi avec.

Dans le brouillard des pistes
Débrouille-toi!
Eclaire ton regard
Pare-toi au pire
Et fourbis tes armes

Mon Dieu où suis-je?
Hé Oui!

...


Je t'écarquille les yeux
Aux quatres dimensions
T'écartèle l'esprit.

Il est urgent de défendre
Son nord
Quitte à se perdre
Au sud.

De l'écrit vain
A l'acte
Il n'y a qu'un passage
Délicat.

...


Mes mots sont inflammables ou
Pétard mouillé

De l'horreur
Au miracle
De la saoulerie
Au silence
Il n'y a qu'une limite

Si je m'imprime
C'est pour mieux te remarquer

Infuser ta sève
Lustrer ta crinière
Aiguiser ton regard
Suspendre ton vol

Sur la pointe des pieds
Retirons nous
Et dansons jusqu'au levant

Du touché de fond
Au plongeon celeste
La vie est terrible!

Ne me ponctue pas
Et file!

...


Du roulis à la pierre
De la marge à l'empire
De l'errance à l'axe
Du reflet au verbe

Des ruminations lunaires
Au silence lumineux
Du chaos à la souveraineté
Du noir à l'or

De l'ivresse à la clarté
De l'exil à l'être
Des larmes à l'éclat
Des quatres chemins au point crucial

Il n'y a qu'un tigre à chevaucher
Une respiration à prendre.

...


Mes corbeaux en holocauste
Tout culte rendu au défunt
Neuf enfin, célèbrer
La venue de l'enfant rougi

De patience s'armer
A grandir
Au point de faille
Soutenir le regard
Jusqu'à l'ultime atome
Tu es le seul qui vaille.

...


La distance
Il s'agit de l'abattre
Comme une sale besogne

Laisser le temps à ses infanticides
S'espacer en douce
Dans l'immatérialité des ruines nouvelles
Au creux de l'oreille
Souffler la vie
Aux passants égarés
Dans la gare de Babel
Je me pose en doute

A la vitesse tant prise
J'annonce la perte
Et le fracas cosmique.

...


Du rire gras au gai rire

Du jet à la pierre
Nous roulerons dans la farine

Dans ce joyeux pétrin
Etoile en levain
Lève-toi et danse!
Condense ta semence et soit
Ce soleil d'amour
A ta lune aimante

Rien qu'un ciel arqué
Au foudroyement de la terre.

...


Prends garde au psycho-logos
Qui tembrouille sous la lune
Son marais est d'encre
Ses chiens, gardiens de troupeau

Elis-toi enfin
Et règne.

Ne laisse pas s'éteindre
La veilleuse du vigile
Enflamme-toi
Et brûle.

...


De la retenue
A la montée
En puissance
A l'heure raide
La dure réalité
Empale
Tes foules jusqu'au spasme.

...


Dans ce bruit d'enfer
Il faut se planter
Comme un silence:
Faire passer les anges.

...


D'éternité en manivelle
J'ai des retours
De flamme en flash
Mes fleurs
En canon dressé

De voyance en éclair quand
La lumière fuse
Son verbe en écho
Dans le gouffre
Des multitudes

De percée en transe
Je m'allume
Du frisson de la mort
Au spasme de la vie
Je m'étoile a ton pôle
Et te fixe.

Dans le fracas
A decompter tes pertes
Et parli parla...

O que dire? Mais que dire?

En silence s'entendre
D'amour se transmuer
Se faire la belle
Et vainqueur mourir

Et que dire? Mais que dire?

Comme tu veux
Jamais ça n'ira.

Et voili, nous voilà là
Au tralala des mots
Il n'y a que couic
Et répétira.

Alors que dire?

Pas plus, pas moins
N'en penser pas mot
Se tire, se to
Dans le hue
Et dans le dia
Cahin caha
Cahoter dans les hoquets du monde

De mauvais sang
Et d'illusion
Ne pas s'en faire

Dans le brouhaha
A chaudes larmes, rire
Jusqu'à l'éclat

Ses quatres vérités dire dig
Ding dong
A l'éclat rire ding
Dong dong.

...


Des marées nauséeuses
Des narco- pensées
Trafiquent ta vie
Dans les artères dissipées
A l'étalage de la poisse
La viande
Sa triste agonie
Dans la matrice noire
Sous les yeux ténèbreux
Du malheureux
Le sang, son laissé allé
Dans le sale des rues
Les soubressauts
De la bête

L'immobilité des lézards
Sur l'oreille des murs

Si le soleil
A pris un coup de lune
C'est la roue de fortune
Qui t'enfonce
Dans la nuit liquide

Loup y es-tu?
M'entends- tu?

...



*

13.1.11

O tyran oppresseur

*





"O tyran oppresseur... 
Ami de la nuit, ennemi de la vie... 
Tu t'es moqué d'un peuple impuissant 
Ta main est teinte de son sang 
Tu abîmes la magie de l'univers 
Et tu sèmes les épines du malheur dans ses éminences 
Doucement ! Que ne te trompent pas le printemps, 
La clarté de l'air et la lumière du jour 
Dans l'horizon vaste, il y a l'horreur de la nuit 
Le grondement du tonnerre et les rafales du vent 
Attention ! Sous la cendre, il y a des flammes 
Celui qui plante les épines récolte les blessures 
Regarde là-bas où tu as moissonné 
Les fleurs de l'espoir 
Le torrent du sang va t'arracher 
Et l'orage brûlant va te dévorer." 

Abou el Kacem Chébhi, poète tunisien


*

Les jupes du naufrage lunaire (Hawad)

*



"Quand tu revêts tes jupes
Couleur de l'éclair qui danse dans le lac
Jupes du naufrage lunaire
Tu marches dans les plaines de tes pensées
Tu es la reine des étoiles
Ton royaume terrien
Tu l'abandonnes alors
Aux griffes des chiens qui se l'arrachent
Si vraiment tu t'exiles
Si tu les laisses à leur misère
Fais étape dans mon oasis
A l'abri des falaises
Pour t'accueillir, je n'ai rien d'autre
Que l'escorte et les cavales
Eclairs de rêve
Qui te conduiront
Au royaume d'étoiles qui t'appelle"

Hawad



*

Vide en majesté

*





J'ai vie le feu d'où la joie
Le peu que j'en soit
C'est le noeud où se noie
Ma voix pavée d'orgueil

Dans l'affre des hordes
Le vent gémit au coin
Il se peut qu'il morde
Le creux de tes reins

...


Vint la vire toute voletante
Dans le tracas-da du jour
Je tiens la mort à bras cadabra
Pour dite et en parfait accord

Il comme tout se peut
Jusqu'à l'éclat d'inspir
Que ma graine explose
Où je se retire

...

Dans la moiteur exquise
De ta raison close
Je brumatise
Ton premier rôle

...


Vivre au raz de la rue
Parmi l'envisageable
C'est percer la foule
Au jamais du regard.





*

Volutes

*



J'eusse volontiers voté
Pour la liste "Cannabis sans frontière"
Mais j'ai malencontreusement fumé
Ma carte d'électeur.




*

Mi barca

*




Sans cesse mourir
C'est encore renaître
Et miraculeux tanguer
Dans les voies

Je ne peux être qu'étranger.

Les cendres laissent
Sur la joie
Un goût salé

Nous traversons églises
Et mosquées
D'un pas ailé


D'un jour à l'autre
Avaler ses images
Et prendre l'eau

Tout d'or et olé
Boire la tasse
En méditerranée.



*

Intermittence et joyeux patatras

*








Sur un tapis de bombe les mots ont blanchis l'ardeur des belles langues
Vienne l'ange de nuit avachi de lumière ma familière inconnue
Ma verte colombe nous n'attendons plus le train des chimères et lauriers:

Quand l'écran est trou noir ohé de l'arche nous chantons l'amour de Laylâ
Faut-il à larme encore rouge l'écrire ou se distraire avec la meute :

Le guerrier de lumière prend le feu des collines.

Pour mémoire entre les tours Raviver l'oeil des sentinelles
Et embellir la douleur:

Fin de jour à bout de course enfin seul dans le passage clandestin
Du destin passagé spectre d'un spectacle sans spectateur
Dans l'expétative sans hâte sans phrases et sans peur
Passeur de peu fils d'éternité j'attends la paix qui doit m'éteindre

Abattis d'abattoir au repas des repus voisins d'auge
Où sont les frères de pain

Dans le moisi des cités à l'heure télèvisuelle
Où sont les vauriens

Les néons montent la garde sur le néant des nantis
Où sont les vilains

L'étrange écho rapporté de vos fureurs et vos cris
Je migre vers les migraines de vos chagrins hivernaux
Il fait plus faux que vous ne transpirez

A l'oubli du monde dans l'angle mort des caméras
Nous préchons le désert aux centres commerciaux


Les roues coulent sous les ponts et la colombe se tarit
Puis flocons de nuit sur l'arthrose du monde et Rêve qui guérit
Nous attendons la relève

O chaos désaccordé sans erreurs la vie fut musique
Mords l'échine de la peur ce qui nous tue nous rendra plus fort
Laisse vivre les pensées dépense-les engeste ta parole au vent et vas
Prends la marche en train mange tes mies de pain
Brouille les pistes et débrouille-toi

Mort souvent parmi les épaves je m'incline au passage
Des albatros survivants

Dans la tumeur de la ville l'ennui s'échauffe
Ce profond étonnement:la vie et ses soleils enfouis inexpugnables

Par les béances de la folie les explosions sourdes
Les illuminations fidèles et bienheureuse l'infusion
Ce profond mystère je survis

Bon an mal an dans l'infini dédale
Des mémoires et des flagrances
Cette joie sans nom où l'indicible parle

Après après après après après après
C'est maintenant s'écrire sans mots
A la brèche du silence
Je suis de mèche avec l'oiseau.








*

Danse sacrée

*




Aux rares qui entrevirent
Le noir de la rose
Nous posons le sourire
De la vengeance renclose

Au charivari des choses
Et par pure correction
Est-ce Dieu qui implose
Ou énième illusion



Soeur de secrète fortune il faut
Toute foule ouverte poser
Ton pas entre ciel et terre
Et danser

Pour écrire à nouveau le mystère
Et l'essence du chemin parmi
Les champs de ruine nous fleurissons
De belles manières


Rendez vous à l'orient du tapis


Franc de mascara je prend
Feu et gnose sous l'abri de toile
Je mêle charbon et gitanie
A la compagnie de ton étoile.




*

Vive la poésie

*



Au delà et loin de votre souvenir en rester
Au champ fleuri de l'injoignable
Tout écorché encore verser
Du coté autre de l'histoire

La dernière impatience brûlée asseoir
Le monde à volonté et gâcher
Le spectacle

Etalée pauvre voir mourir la poésie.




*

Bonjour

*



Au pays des morts écrire c'est danser
Tout à l'extase du danger s'élancer
Dans l'océan de lumière et veiller
Au grain d'un simple bonjour.




*

Pour l'amour de Dieu

*



Las ne plus regarder et voir
Nos oiseaux épars s'envoler
L'ivresse qui nous tient lieu
En vérité brûle les étapes

Et seul exhaussé est ce
Dans la fêlure ou sur le bas coté
Le secret du passage ou la trappe
Et sommes nous passés?


Faut il et de loin reverdir ou jamais
Par jadis ou demain
Le jardin des délices où j'aimais
Prendre ta main

O
Je ne sais mais...




*

Message voilé

*



Avant que tout ne s'enflamme mon amie
Sur le chemin des dames sans éclat
Vous parlez nue parmi les pucelles de l'au delà.



*

Fraternité

*




Sur le tapis ou sur la table
La vieille histoire remise
Et le rêve à sa place
Poser son poing au coeur de l'insupportable

C'est noircir la chemise
Et sabler sa voix
Se taire et vous parler du pays
La terre autrefois promise

Nous ne la quittons guère

Mon frère ma soeur

Mon frère ma soeur...





*

Le mage (Silvaine Arabo)

*





Louvoyeur des hauts-fonds et des empires encastrés, il bat
les cartes pour de nouvelles mises en scène : des lavis
superbes, des fresques sur les murs des temples.

Il psalmodie sans savoir, en toute intime Connaissance. Il
évide l'intérieur de la pierre pour en faire un calice.

Il a mille doigts, dix oreilles, quatre pieds : il est l'hybride
sacré adossé aux murs du Palais près duquel il mendie :

veilleur de guet dans la nuit
héraut d'armes.

Il a le secret du chapeau et de ses colombes : du tracé de sa
plume, du modelage de ses doigts, elles prennent forme et
consistance. Il est le dispensateur de la substance.

Il court le long des veines du temps, hermaphrodite,
hémophile. On le rencontre sur le bord des fleuves, au
centre des forêts, au bout des déserts, dans les replis de la
neige, sur la crête des vagues.

Il est le décupleur des énergies, l'hématie bleue parmi
de rouges nénuphars. Il s'échappe du labyrinthe par le haut.
La verticale est son lieu. Il pourchasse la Présence.
Cavalier du verbe, de la pierre, de la nuance - c'est selon -,
il irrigue les chants de l'histoire, les rend à leur vocation
d'archétypes. Il est le Scribe : celui qui trace les lettres
pour en faire des oiseaux.

Il est l'illuminé, le fou, le sage, la carte de Tarot avec
laquelle on ne transige pas. Il est sphère, bâton, deniers, le
premier, l'ultime voyageur, l'inspirateur des cycles, le
moteur des univers.
S'il arrive que sa voi(e)x se brise, des temples s'écroulent,
des hommes abandonnent le sens et s'entretuent.
Il sait qu'il a su, qu'il saura. Il fait confiance.
Il démêle les fils de la Trame, écrit le poème du monde,
surseoit à toute mort , implore tout pardon pour les vivants,
sacre le printemps et sa chaîne d'ozones.

Il passe, inaperçu dans le milieu des villes meurtrières. Il
est sans âge, sans lieu. Il est le fil qui lie tous les destins,
l'Ariane providentielle.

S'il arrive que l'on décrète sa mort, de silencieuses
malédictions s'abattent sur le monde , le cours des choses
bifurque : de minuscules lunules, des croûtes, des plaies,
des pestilences , des taches sur le soleil : l'heure des
lamentations.

Alors le Grand Esprit convoque un autre mage
tel qu'en Soi-Même identique

qui de nouveau se poste aux embouchures
cassant l'enlisement des bancs de sable
draguant les eaux putréfiées des marais
frayant la route aux estuaires et aux deltas :
A tout ce qui se jette dans la mer

la mer

La Mer !

Silvaine Arabo






*

Au milieu des ruines

Dans la confrérie du mystère perclus
Reprendre place parmi vos causes perdues

Un chemin de sable à travers les mirages
Dans un monde sans rues c'est
La vie qui s'arrache et passe
La mesure des temps comptés

Sans cesse toucher la victoire de l'aile




"Seul compte aujourd'hui
Le travail de ceux qui savent se tenir sur les lignes de crête
Fermes sur les principes
Inaccessibles à tout compromis
Insensibles devant les fièvres
Les convulsions les superstitions et les prostitutions
Sur le rythme desquelles dansent les dernières générations"
Julius Evola


Pas plus avancé hé
A toute fin de monde utile
Sur le fil de la guerre danser
Sa légende subtile.





*

Como los gitanos éramos

*



Ce printemps dans ma tête j'y vois
Le rouge sang des primevères d'autre joie


Je n'ai pas de mots pour votre triste bonheur
Pas de pleurs
Au vert de l'épreuve nous entrevoyons l'exploit
Des fils de l'instant

C'est une histoire de charbonnerie
D'enfant noirci par le feu

C'est la nuit des temps sur ton alphabet
C'est la lumière qui se souvient de nous
C'est le flamenco de la dernière heure


C'est notre coeur qui sauve le monde.




*

Athanor

*


Dans le vertige du temps l'ange cache
Tes quatres vérités
Et obscur sur le sentier de la nuit marche
A tes cotés

Si deux mots allument un feu
Que peut la mort ?

Nous cuisons le souvenir du monde.



*

Terre promise

*



Par la porte étroite o tendre
S'engouffrer nu dans ton jardin et
Couler sauvage parmi tes fleurs

Laisser pleurer ton déluge

C'est là qu'il gît
Le vert paradis de l'entraide
Dans cet appel des confins

Je viens.



*

No pasaran

*


Ni plus ni moins
Nous ne voulons pas travailler yé yé
Autrement que du chapeau ho ho

Ni moins ni plus nous voulons rester
Des rigolos.



*

L'herbe tendre (Serge Gainsbourg)

*





D'avoir vécu le cul dans l'herbe tendre
Et d'avoir su m'étendre quand j'étais amoureux
j'aurais vécu obscur et sans esclandres
En gardant le coeur tendre
Le long des jours heureux
Pour faire des vieux os
Faut y aller molo
Pas abuser de rien pour aller loin
Pas se casser le cul
Savoir se fendre de quelques baisers tendres
Sous un coin de ciel bleu
Pas se casser le cul
Savoir se fendre de quelques baisers tendre
(C'est pourtant vrai c'est vrai c'est vrai.)
Gainsbourg





*

Etat de grâce

*



Au soir trop humain
Caché derrière les feuillages
Pleurer seul ses défunts

Endolori encore vivre et porter
L'incendie à son éclat

Je ne suis pas d'ici ni de là je suis
Le passant ailé qui hausse le pas

Dans les draps gris du kali yuga.




*

Tour d'horizon

*



A la crête des foules nos adieux laissent
Un parfum de trouble

Ecrire un chemin et vivre
Les clefs de l'invisible autour du cou

Et rien qu'un léger au delà de tout


Du chant tenace des cordes multicolores
En notre chateau de haute espagne

Nous spiritualisons les castagnettes du combat.




*

Contre toute attente

*




En dépit des semblants
Du faux monde
Reprendre ses esprits et
Trancher la pénombre

Si parmi vous
La douleur d'être là
Nous pousse à la rime

Est il fou
Le guetteur d'audelà
Dansant sur la cime

Bouche close parmi
Les maudits
Quelque chose me dit
Le fin mot

Je n'ai ma belle amie
Qu'une fleur de genêt
Un brin de nuit
Pour faire le beau.






*

Parti pour Croatan

*


A
Notre dame des ennuis nous allions
Dans leur triste nuit à taton

A
Ce monde moribond qui nous condamne
Le haut silence du vagabond
Et ses castagnettes de feu

A
L'opacité claire des écrans
Où personne ne lit
Ecrire tout bas la persistance de l'incendie

A
La fortune du sans abri
La politesse nous brûle le coeur
Et le pain tombe des nues

A
L'oubliette de l'europe
La joie interlope qui nous entête est lourde
De déflagrations inconnues


"Oh la peine des gitans
Peine intacte et toujours seule
Peine des courants obscurs
Et du matin qui s'éloigne"
Lorca


A
L'interdit du séjour
Tout écrit déjà le monde cavale
Dans les dédales du discours
Mange ta peur et détale

A
L'occident du rêve
Par le souffle des cieux à peine
Vos terres se souviennent
Et laissent un doigt de sable sur mes lèvres

A
La valse des siècles ils n'auront pu
Palir notre âme
C'est pétri de nuit que notre corps rompu
S'enflamme

A
L'heure louche des voleurs
L'air de rien nous fîmes
Les poches trouées au malheur

A
L'évasive
La rose épinière des terrains vagues
Le vent d'amour qui nous épelle


"En son for intérieur
L'homme troué échappe à la fois
A la langue et au silence"
Michel Camus


A la troisième parole de maître Eckart
A la fabuleuse implosion
A la dissidence de la broussaille
A l'intemporel où dort le loup des steppes
Au malaise et à ses époques

Je laisse un phare
Et ma défroque


A l'ange qui pour autant jamais ne nous délaisse...






*

Toute connaissance cuite

*



Ici bas Où rêvant les hommes chutent
Nous écrivons de haute lutte
Parmi les vauriens de Dieu:

Si tout vous empêche pourtant rien

Dans la chaleur moite des taudis
"On ne devient incendiaire
Que pour cacher son propre feu"
Abellio

Rien ne peut mourir que l'illusion de votre disgrâce...




*